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Discours de réponse prononcé par S.A.R. le Grand-Duc à l’occasion du dîner de gala à Praia

10.03.2015 Discours

Discours de réponse prononcé par S.A.R. le Grand-Duc à l’occasion du dîner de gala à Praia dans le cadre de Sa visite officielle en république de Cabo Verde

 

Monsieur le Président, chère Madame Fonseca,

J’aimerais vous remercier du fond du cœur pour l’accueil chaleureux et l’hospitalité que vous nous avez réservés. Mon épouse la Grande-Duchesse est particulièrement désolée de ne pouvoir m’accompagner et m’a prié de vous transmettre toute son affection.

Lorsque l’on pense au Cabo Verde depuis nos froides contrées européennes, le premier réflexe est d’évoquer les différentes îles formant cette jeune République, qui va célébrer cette année le quarantième anniversaire de son indépendance. Les plages, la mer, les montagnes et le soleil ont un aspect idyllique, mais parfois trompeur comme nous le rappellent les récents évènements douloureux qui ont frappé le Cabo Verde en 2014. Je songe à l’éruption du volcan « Pico » sur l’île de Fogo, au naufrage du « Sao Vicente » naviguant entre Fogo et Santiago et à la grande sécheresse pour laquelle le pays s’est vu octroyer une aide alimentaire d’urgence.

Mais la réalité de la République du Capo Verde est bien plus diverse.

Votre pays est d’abord un exemple. Grâce à la clairvoyance de ses dirigeants, à la mise en œuvre systématique d’une politique de bonne gouvernance et à la récente mise en place fructueuse d’un système de cohabitation, le Cabo Verde fait figure de modèle de droits politiques et de libertés publiques pour toute une région. Les traits majeurs du système politique capverdien sont celui de la paix civile, de la stabilité institutionnelle, de la démocratie parlementaire ainsi que du respect de l’Etat de droit et des droits de l’homme.

En dépit de ses faiblesses conjoncturelles et des défis structurels posés à son économie, le Cabo Verde a également connu une croissance constante remarquable et soutenue au cours des deux dernières décennies. Le continent africain peut lancer un regard envieux sur vos performances économiques qui vous classent dorénavant dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire et vous permettent de prendre une série d’engagements importants au sein de l’Organisation mondiale du Commerce.

Monsieur le Président,

Les turbulences qui secouent l’économie mondiale depuis quelques années n’ont en rien entamé notre choix de solidarité avec ceux qui vont moins bien et qui ne sont que partiellement maîtres de leur sort. Notre action en matière de coopération au développement en est « le fer de lance ». Nous pensons que même en période de crise ou de repli sur soi, il est indispensable de rester fidèle à notre ligne de conduite. Telle est du moins notre compréhension de la vie en commun.

Et puis il convient toujours de rester humble, de mesurer la fragilité du succès et de savoir d’où l’on vient. Mon pays était très pauvre au XIXème siècle. Sa prospérité est toute récente.

Nous sommes très fiers de pouvoir compter le Cabo Verde comme un pays cible de la coopération luxembourgeoise. Notre gouvernement maintient son engagement d’1% de son revenu national pour l’ensemble de son aide publique au développement.

La coopération entre nos deux pays remonte aux premières années de l’indépendance du Cabo Verde et c’est en 1993 qu’il fut décidé de faire de cette jeune République un pays partenaire privilégié de la Coopération luxembourgeoise, en signant le premier Accord Général. Huit ans plus tard, il fut décidé d’ouvrir un Bureau décentralisé à Praia, intégré, en 2007, dans la nouvelle Ambassade du Luxembourg.

Ce qui fonde notre partenariat, c’est la vision à moyen et à long terme. Cette visite sera l’occasion d’accompagner votre pays dans sa croissance et son développement à travers la signature d’un quatrième programme indicatif de coopération qui couvrira les années de 2016 à 2020. Il s’agit bien de consolider les acquis des programmes précédents, mais aussi de diversifier nos relations bilatérales, vers plus de coopération économique, commerciale et culturelle, ainsi que vers une intensification des échanges des secteurs privés.


Le développement du tourisme au Cabo Verde est une heureuse nouvelle, non seulement parce qu’il constitue une source de richesse économique, mais surtout parce qu’il rapproche nos peuples. Notre compagnie aérienne LUXAIR dessert deux îles aux attraits indéniables que sont celle de Boa Vista et celle de Sal.

La position géographique qui est la vôtre pourrait paraître pénalisante à première vue. Dans les faits elle se révèle finalement comme un atout en faisant du Cabo Verde un pays tout aussi bien africain, qu’européen et atlantique.

Faire partie de plusieurs mondes, c’est certainement ce qui explique votre ouverture, votre attachement aux valeurs démocratiques, aux différences et à la tolérance religieuse. Le Cabo Verde a d’ailleurs connu un grand événement le 15 février dernier lorsque Mgr Furtado, évêque de Santiago fut investi cardinal à Rome par le pape François.

Il me tient très à cœur d’évoquer ce qui fonde le caractère unique de notre relation, à savoir le lien entre nos populations. Le philosophe français Jean Bodin écrivait il y a quatre siècles : « Il n’est de richesses que d’hommes. »

Le Cabo Verde est la terre d’origine d’une importante communauté capverdienne au Luxembourg, ce dont vous avez pu, Monsieur le Président, vous rendre compte lorsque vous vous êtes rendu au Grand-Duché, en septembre 2013. Forte de 2700 âmes, cette communauté est un enrichissement très appréciable pour notre pays, et nous sommes heureux de les compter parmi nous.


Monsieur le Président, chère Madame Fonseca,

Il nous a déjà été permis aujourd’hui de nous rendre compte de la beauté de votre pays tout comme de la joie de vivre et de la convivialité de ses habitants. Nous nous réjouissons d’ores et déjà de pouvoir découvrir demain deux autres de ses îles, celle de Mindelo et celle de St Antao.

L’amitié entre nos deux peuples est aussi exemplaire que profonde et elle a su, au fil des années, se développer dans tous les sens du terme. C’est dans cet esprit de compréhension mutuelle que je vous prie de lever votre verre et de boire à la santé de Monsieur le Président de la République du Cabo Verde et de Madame Fonseca, ainsi qu’à la prospérité et au bonheur du peuple capverdien.