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Discours prononcé par S.A.R. le Grand-Duc à l’occasion de la session solennelle à l’Assemblée nationale du Cabo Verde

10.03.2015 Discours

Discours prononcé par S.A.R. le Grand-Duc à l’occasion de la session solennelle à l’Assemblée nationale du Cabo Verde dans le cadre de Sa visite officielle en république de Cabo Verde

 

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
Mesdames et Messieurs les Députés,

C’est avec un sentiment fait d’honneur et de plaisir que je m’adresse aujourd’hui à vous dans cette vénérable enceinte de l’Assemblée nationale, qui a vu le jour au lendemain de l’indépendance du pays, le 5 juillet 1975, et dont le quarantième anniversaire sera célébré cette année.

C’est un honneur, parce qu’il m’est accordé de me retrouver devant tous les représentants du peuple capverdien. Un plaisir aussi, parce que cette visite officielle témoigne des liens désormais très étroits qui unissent nos deux pays et nos deux peuples depuis plus de 30 ans.

Entre mon pays et le vôtre, ce sont des liens d’affection et de fidélité qui s’inscrivent dans le temps. La récente visite du Premier ministre Xavier Bettel en est une illustration supplémentaire.

Il y a quelque chose de très spécial dans nos rapports, qui font qu’ils sont uniques. C’est la distance et c’est en même temps la proximité.

La distance d’abord géographique, vous la mesurez en venant ici ou en vous rendant chez nous. 7 heures de vol ou presque ce n’est pas rien !

La proximité, nous la mesurons par l’intensité des rapports humains entre nos deux peuples. La communauté cap-verdienne au Luxembourg compte plus de 2700 membres. Elle est une des plus importantes communautés étrangères hors Union européenne. Et sa contribution au développement économique est importante.

Vous le savez peut-être, la situation du Luxembourg est très particulière, unique même en Europe, car la part des Luxembourgeois et non-Luxembourgeois n’est pas loin de s’équilibrer. Notre communauté nationale est très diverse. C’est ce qui fait sa force.

Chacun apporte sa petite pierre à l’édifice commun. Le propre de la communauté cap-verdienne, c’est de nous apporter son insularité et sa joie de vivre dans un paysage gagné trop souvent par la grisaille. Son talent est aussi de savoir s’intégrer. Cette intégration réussie est le fruit d’une compréhension mutuelle. Il n’y a pas de sens unique, mais des voies partagées.

Cette année, le Festival de l’immigration qui aura lieu à la fin de cette semaine mettra le Cap-Vert à l’honneur. Je suis heureux que le M. le Ministre des Affaires étrangères nous accompagne au retour pour assister à cet événement important, auquel je participerai ensemble avec la Grande-Duchesse.

Oui, votre pays a toute sa place au Luxembourg.

Le Cabo Verde, dont la géographie tout comme ses aspirations font qu’il est un pays tout aussi bien africain qu’européen et atlantique, peut être fier et ce pour beaucoup de raisons. Il peut être fier de ses origines, fier du chemin parcouru depuis son indépendance. Il a su garantir la paix, la stabilité politique, la démocratie parlementaire, le respect de l’Etat de droit et des droits de l’homme. Il a su aussi devenir un modèle démocratique pour l’Afrique, instaurant une bonne gouvernance qui lui permet d‘avoir une inflation minime, un PIB per capita 3 fois plus important que la moyenne d’Afrique subsaharienne et de s’être hissé en 2008 dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire.

L‘expérimentation, pour la première fois, d’un système de cohabitation a su apporter également des résultats probants pour les Capverdiens. Le développement économique du Cabo Verde résulte de la libéralisation de l’économie initiée il y a une quinzaine d’années par le biais des privatisations, des investissements publics dans les infrastructures et d’un cadre favorisant les investissements directs étrangers.

 

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,

Le Luxembourg compte parmi les pays qui font de l’aide au développement une de leurs vraies priorités. Cette priorité est essentielle, même en temps de crise.

Notre politique de développement nous la concevons sur deux axes, la sélectivité, à travers le choix de pays cibles et la durée, à travers des programmes s’inscrivant sur le moyen et le long terme.

Les principaux objectifs guidant la coopération entre le Cabo Verde et le Luxembourg sont la réduction de la pauvreté, la lutte contre les disparités sociales mais aussi la création de nouvelles opportunités de développement. Même après le passage de votre Etat dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire en 2008, le Luxembourg a décidé de maintenir son niveau d’aide pour continuer à appuyer la croissance du pays et à réduire la vulnérabilité du tissu économique.

Donner du temps au temps est essentiel. La coopération au développement entre nos deux pays remonte aux premières années de l’indépendance du Cabo Verde et c’est en 1993 qu’il fut décidé de faire de cette jeune République un pays partenaire privilégié de la Coopération luxembourgeoise, en signant le premier Accord Général.

Je suis très heureux que notre visite offre le cadre pour la signature d’un quatrième Programme indicatif de coopération, qui couvrira la période allant de 2016 à 2020. Chaque programme s’enrichit des succès précédents et ouvre de nouvelles perspectives. Nous en sommes maintenant à une phase où l’aide sert d’outil de diversification économique et d’intensification des échanges du secteur privé.

J’aimerais aussi souligner la portée du « Forum économique » avec la participation de Madame la Secrétaire d’Etat à l’Economie Francine Closener. La délégation de chefs d’entreprises luxembourgeoises, représentant en particulier les secteurs les énergies renouvelables et de l’économie maritime, témoigne de notre volonté commune d’engager nos relations bilatérales sur de nouvelles voies.

Pour conclure, je parlerai de la la richesse essentielle, à savoir l’échange humain.

J’ai la conviction très profonde que cette visite renforcera encore les liens d’amitié entre nos deux peuples en favorisant la connaissance mutuelle. Les membres de la diaspora capverdienne qui résident au Grand-Duché sont de formidables ambassadeurs pour votre pays et un apport remarquable à notre société multiculturelle. Nous sommes si heureux de les avoir parmi nous.

C’est à eux que je songe, tout comme aux habitants de l’archipel, en prononcant la phrase du poète Eugenio Tavares: « Si ka badu, ka ta biradou. »

Nous repartirons émus par ce que nous avons vu ici, et c’est plein d’émotion et de reconnaissance que nous nous retrouvons.