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"74th World Baden-Powell Fellowship Event – World Scout Foundation"

24.04.2022 Scoutisme

S.A.R. le Grand-Duc Héritier a participé du 20 au 24 avril au « 74th World Baden-Powell Fellowship Event – World Scout Foundation » organisé à Dublin en présence de S.M. le Roi Carl Gustav de Suède. Le Prince Guillaume, président du Conseil d’administration de la Fondation depuis septembre 2021, a dirigé les travaux.

© World Scout Foundation / Victor Ortega
S.A.R. le Prince Guillaume et S.M. le Roi Carl Gustav de Suède, accompagnés par les membres du CA de la Fondation et les invités, à l'issue de la "73rd Meeting of the WSF Board, Board Members and Guests"

L’un des enjeux majeurs de la rencontre était l’adoption d’une nouvelle stratégie pour la Fondation qui vise à moderniser son fonctionnement et à accroitre son efficacité dans la levée de fonds au profit du Scoutisme mondial. La situation de crise en Ukraine et dans les pays limitrophes a été également évoquée en vue de faire une évaluation de projets pour venir en aide aux scouts mobilisés dans la guerre.

À propos de l’engagement scout du Prince Guillaume

L’engagement de la Famille grand-ducale dans le scoutisme remonte au Grand-Duc Jean. Son engagement pour le mouvement débute le 12 février 1939, avec un rôle de « commissaire grand-ducal du scoutisme luxembourgeois ». Nommé Chef scout de Luxembourg après la Deuxième Guerre Mondiale, il gardera avec fierté ce titre pendant plus de 80 ans. Très actif, il a présidé de nombreuses réunions du conseil de la Luxembourg Boy Scouts Association (LBSA) et a pris part à des activités et rassemblements Scouts avec notamment une participation au camp d’international « Jubica 82 » à Betzdorf, quand 3.300 scouts venus du monde entier s’étaient réunis au Grand-Duché. En 1995, le Comité de l’Organisation mondiale du scoutisme décerne au Grand-Duc Jean le « Loup de bronze », une haute distinction reçue pour son engagement exceptionnel en faveur du mouvement.

La devise du scoutisme en anglais est « Be Prepared » qui reprend les initiales de Baden-Powell. En français, cela a été traduit par « Toujours Prêt ». Le Grand-Duc Jean, en sa qualité de Chef Scout, a toujours été prêt. Avec son fils le Grand-Duc Henri, il a assisté, le 1er mars 2019 aux célébrations organisées pour le centenaire de la fédération « Lëtzebuerger Guiden a Scouten » (LGS). Le Grand-Duc Jean est décédé le 23 avril 2019. Sa participation aux 100 ans du scoutisme luxembourgeois fut un de ses derniers engagements officiels.

D’un centenaire à l’autre

C’est le Grand-Duc Héritier, le Prince Guillaume, qui a repris le foulard. Il perpétue alors la tradition familiale de la promotion du scoutisme au Luxembourg et dans le monde. En 2014, il participait à la cérémonie de clôture des célébrations du Centenaire de la Fédération Nationale des Eclaireurs et Eclaireuses du Luxembourg (FNEL). Avec une autre devise : « Zesumme fir eng besser Welt – Together for a better world », l’événement a rendu hommage aux bénévoles aux quatre coins du globe qui ont porté avec fierté les valeurs centenaires du scoutisme laïque.

La Fondation du Scoutisme Mondial

En 2018, le Prince Guillaume participait, à Mexico-City, à la 71e rencontre des « Baden Powell Fellows ». Le Grand-Duc Héritier y a été officiellement installé comme membre de la Fondation Mondiale du Scoutisme sur proposition de son président d’honneur S.M. le Roi Carl Gustav de Suède. Lors de ces rencontres, les participants échangent autour des projets et réalisations des mouvements et évaluent leur impact. « Au sein du comité de la Fondation, nous avons été interpellés et profondément touchés par le courage des scouts d’Amérique latine qui sont intervenus dans les zones dévastées par les tremblements de terre, en Haïti et, dernièrement, au Mexique. Ce sont des jeunes gens extrêmement motivés, qui reçoivent du scoutisme les valeurs fondamentales dont ils auront besoin pour devenir les leaders de demain », relevait à son retour le Prince Guillaume.

En septembre 2021, le Prince Guillaume a été élu Président du Conseil d’administration de la Fondation du Scoutisme Mondial. Celle-ci apporte un soutien financier à l’Organisation Mondiale du Mouvement Scout (WOSM), qui chapeaute toutes les organisations nationales scouts dans le monde. La Fondation réunit un réseau de « Baden-Powell Fellows », qui donnent de leur temps et de leurs ressources pour aider les jeunes à créer un monde meilleur. Ces deux organisations distinctes sont intimement liées et l’apport financier de la Fondation permet le bon fonctionnement du WOSM. La Fondation elle-même est une institution internationale à but non lucratif, basée à Genève. Depuis 1977, la Fondation a fourni plus de 77 millions de dollars au Scoutisme par le biais de subventions directes à l’Organisation Mondiale du Mouvement Scout et de subventions de projets au Scoutisme mondial et national.

Découvrez le rapport annuel de la Fondation.

Chef Scout du Luxembourg

L’engagement scout du Prince Guillaume remonte au port de son premier foulard comme jeune louveteau dans le groupe Saint Hubert au Bridel (LGS) et continue au sein du groupe des Loutres à Mersch (FNEL). Un parcours scout similaire à celui de millions de jeunes à travers le monde. Un parcours dont le Prince évoquait l’importance quand, lors de la célébration de son mariage en 2012, résonna le « Chant des Promesses ».

En octobre 2019, fort de ce parcours ancré dans les valeurs du scoutisme, S.A.R. le Grand-Duc Héritier endosse le rôle de Chef scout du Luxembourg et reprend le flambeau de S.A.R. le Grand-Duc Jean. Le Prince a répété sa promesse scoute lors d’une cérémonie organisée au parc municipal « Kinnekswiss » de la Ville de Luxembourg en présence de scouts du Luxembourg mais aussi de représentants du Scoutisme mondial. La cérémonie avait rassemblé près de 3.000 scouts venus saluer leur nouveau Chef.

Le 25 février dernier, à l’occasion de la journée mondiale du scoutisme, dans le parc Dräi Eechelen à Luxembourg, les princes Guillaume et Charles plantaient un tilleul. Les mouvements scouts honoraient ainsi leur nouveau chef, accueillaient le petit Prince Charles pour sa première sortie avec un foulard et rendaient hommage à leur chef historique, le Grand-Duc Jean dont le tilleul était l’arbre préféré. 

Jean, Guillaume, Charles. L’attachement de la famille Grand-Ducale aux valeurs du scoutisme se retrouve symbolisé dans ce simple tilleul.

Une histoire de traditions et de valeurs

Interrogé en 2020 par les scouts de la FNEL (Fédération Nationale des Éclaireurs et Éclaireuses du Luxembourg), dans le cadre du « Pow-Wow », un rassemblement des scouts en ligne organisé durant la crise sanitaire en 2020, le Grand-Duc Héritier s’est exprimé sur son engagement scout. Une question de tradition et de valeurs. Nous retranscrivons ici les grandes lignes de cet entretien (*)

Vous voilà le chef des scouts de Luxembourg. Que ressentez-vous aujourd’hui avec cette fonction ?

 C’est une grande responsabilité et j’en suis très conscient. Je suis très heureux de pouvoir reprendre cet engagement familial et aussi très fier de succéder à mon grand-père, le Grand-Duc Jean, dans cette mission. Le jour de ma promesse restera pour toujours gravé dans ma mémoire. Pas seulement pour le moment officiel mais aussi pour cette incroyable énergie très palpable auprès des scouts de Luxembourg. J’en étais conscient mais je l’ai ressenti encore plus intensément à ce moment. Le scoutisme, avec son esprit et ses valeurs, est vraiment un pilier important dans la société luxembourgeoise ».

Quel est votre rôle à la World Scout Fondation ?

C’est le Roi de Suède qui m’a approché pour rejoindre le « board » de la Fondation, un groupe assez large d’une trentaine de personnes qui sont toutes très attachées au scoutisme. Elles le soutiennent financièrement et analysent les projets, transversaux et nationaux, qui lui sont soumis par le Conseil Mondial du Scoutisme. Ce sont par exemple les projets « Scouts at home » ou encore la « Scout Academy » mais aussi les idées qui remontent des nombreux pays membres.

Exemple d’action nationale, le « All Dag eng BA » au Luxembourg. Vous y avez participé personnellement.

Effectivement. « All Dag eng BA – Akafsaktioun mat de Scouten » (« Chaque jour une bonne action »), c’est une opération qui s’inscrit pleinement dans l’esprit scout du service, de l’altruisme et de la bienveillance. Ce n’était pas la première fois que cette action était organisée mais, dans le contexte de la COVID-19, elle a eu un impact particulier. Les scouts ont aidé les personnes fragiles (personnes âgées, malades etc.) qui ne pouvaient pas se déplacer. Sur simple demande, les scouts volontaires se sont mobilisés pour les aider dans les tâches du quotidien. « Toujours prêts ». J’ai été le témoin du dévouement des scouts mais aussi de la gratitude des personnes qui ont été aidées. Et cela a été une incroyable image positive pour les valeurs du scoutisme vers l’intérieur et vers extérieur. Vers l’intérieur, cela a donné aux scouts une incroyable motivation. Vers l’extérieur, cela délivre un message d’espoir dans l’avenir. Se montrer en uniforme scout dans la vie en société, cela délivre une image optimiste, celle d’une jeunesse engagée, solidaire, responsable, soucieuse de l’environnement, remplie de valeurs, confiante dans l’humanisme.

Solidarité, tolérance, spiritualité, démocratie, respect de l’environnemeent… Comment pensez-vous que résonnent ces valeurs auprès des jeunes aujourd’hui ?

Je voudrais d’abord dire que, sur certaines de ces valeurs qui sont le fondement de la société, les scouts ont été précurseurs. C’est en 1907 que Baden-Powell organise le premier camp scout, les Guides suivant deux ans plus tard. En 1920 se tient à Londres le premier jamboree international avec plus de 8000 scouts venant de 34 pays ! En 1907, Baden-Powell est déjà très engagé dans la défense de l’environnement et ce n’est pas un hasard que le lien de la jeunesse avec la nature est un fondement du mouvement scout. Mais ce n’est qu’une des valeurs. Une autre était le pacifisme, alors que Baden-Powell avait mené une brillante carrière militaire. Puis la solidarité, la tolérance, la spiritualité, la démocratie, … Toutes ces valeurs sont indissociables. Nous, les scouts, nous sommes des idéalistes. Nous voulons laisser un monde meilleur que celui que nous avons reçu. C’est là qu’est l’enjeu. Et le scout a un rôle à jouer. A tous les âges de la vie. C’est le sens de mon engagement personnel. Mais je suis sûr que c’est l’engagement de tous les scouts du monde.

Quel est le secret du succès du scoutisme ?

Je pense que son succès auprès des jeunes, à travers le temps, est lié au message initial de Baden-Powell, sur lequel est basée toute la méthode pédagogique : la responsabilité ! Donner aux jeunes le sens des responsabilités. Cela se fait lors des réunions ou des camps mais cela percole aussi dans la vie de tous les jours. Faire des jeunes des citoyens responsables. L’autre secret, c’est l’évolution du mouvement. Le scoutisme a pour ambition d’être toujours en phase avec son temps. C’est dans cette direction que nous travaillons avec « Scouting in Luxemburg », mais aussi au niveau international, en matière de tolérance, en matière d’éducation, en matière –nous en avons déjà parlé- de développement durable. Regarder vers l’avant pour progresser.

Comment cela se traduit-il pour ce qui concerne l’éducation et plus particulièrement dans les Pays du Tiers-Monde ? Comment le programme « Quality in Education » peut-il s’adapter dans ce monde d’inégalités ?

Je voudrais d’abord dire que le scoutisme est le plus grand acteur éducatif dans le monde. Il y a 50 millions de scouts qui participent à ce programme. Le scoutisme est présent dans 224 pays à travers le monde. Dans de nombreux pays, l’éducation est un problème et, dans ces pays-là, le scoutisme est souvent le moyen le plus direct pour amener les jeunes vers un avenir meilleur. Notre ambition, qui n’est pas fixée dans un calendrier -cela peut être dans 10 ou 20 ans, c’est le chemin qui est important-, nous souhaitons augmenter de manière importante, pourquoi pas doubler, le nombre de scouts. Cela se passera dans des pays où la jeunesse est aujourd’hui en croissance et ou le potentiel de développement du scoutisme est énorme. Tous les scouts, à travers le monde, peuvent rayonner, peuvent participer à ce développement.

Vous voilà chef scout du Luxembourg. Votre grand-père, le Grand-Duc Jean, a été le chef scout d’un pays qui, avec 80 ans de « chef » a connu la plus importante longévité dans le monde. Quels sont les accents que, à votre tour, vous allez mettre en avant ?

Je voudrais d’abord dire que les scouts de Luxembourg ont une remarquable image et cela, on le doit au travail des générations antérieures qui ont fait un travail incroyable pour lequel je veux d’abord les féliciter et les remercier. J’espère que, dans 30 ans, on pourra utiliser les mêmes mots. Si je n’en doute pas, c’est parce que ma confiance repose sur la solide organisation du scoutisme en place aujourd’hui à Luxembourg. J’en veux pour preuve les bonnes décisions qui ont été prises par les scouts dès le début de la crise sanitaire. Leur réaction a été rapide, directe, adéquate. Ils se sont directement posé les bonnes questions : où puis-je aider ? comment puis-je aider ? où serais-je le plus utile ? comment puis-je le mieux servir ? C’est cette capacité de réaction qui démontre la bonne santé du scoutisme et qui sont les promesses d’un avenir radieux.

Quelle a été l’influence de la naissance du prince Charles dans votre engagement ?

C’est sûr qu’une naissance dans un couple change les priorités. L’arrivée du prince Charles me renforce avec certitude dans cette volonté de laisser, à la génération suivante, un monde meilleur.

Bon à savoir

7500 scouts luxembourgeois. Le pays compte deux associations guides et scouts : la FNEL et les LGS. Grâce à un réseau de 85 groupes répartis sur tout le territoire, les deux asbl offrent du guidisme et du scoutisme pour les 7.500 jeunes scouts que comptent actuellement le Grand-Duché. Le mouvement à l’international est représenté par plus de 50 millions de membres réparties à travers 172 organisations nationales.